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Le cordage : tension, matière et fréquence

Le cordage est la seule partie de la raquette qui touche la balle. Il influence la puissance, le contrôle, l’effet et le confort bien plus que la marque du cadre. Pourtant,…

Par Karim Benali · · 3 min de lecture

Le cordage : tension, matière et fréquence

Le cordage est la seule partie de la raquette qui touche la balle. Il influence la puissance, le contrôle, l’effet et le confort bien plus que la marque du cadre. Pourtant, beaucoup de joueurs gardent le même cordage pendant deux saisons, sans savoir ni quelle matière ni quelle tension a été montée. Petit guide pour s’y retrouver, avec les réglages que nous conseillons au club.

Les grandes familles de cordages

Le boyau naturel

Fabriqué à partir d’intestin de bœuf, le boyau reste la référence pour le confort et la puissance. Il garde sa tension longtemps et protège le bras. Son prix et sa sensibilité à l’humidité le réservent aux joueurs exigeants, souvent en hybride avec un autre cordage.

Le multifilament

Composé de milliers de microfibres, il imite le boyau à moindre coût. Confortable, puissant, il convient à la grande majorité des joueurs loisir, aux débutants et à tous ceux qui ont mal au coude. C’est le cordage que nous recommandons par défaut.

Le monofilament

Un seul filament de polyester, rigide et durable. Il permet de frapper fort en gardant le contrôle et favorise l’effet lifté. Mais il perd vite sa tension, transmet davantage de vibrations et fatigue le bras. Il convient aux joueurs qui frappent fort et cassent souvent, pas aux autres.

Le synthétique

Un boyau synthétique en nylon, polyvalent et bon marché. Idéal pour les raquettes d’enfant et pour les joueurs occasionnels.

La tension : ni trop, ni trop peu

Une tension élevée donne du contrôle mais moins de puissance et moins de confort. Une tension basse donne de la puissance et du confort, au prix d’un peu de contrôle. Pour la plupart des raquettes, la fourchette conseillée par le fabricant se situe entre 21 et 27 kilos ; on se place généralement au milieu.

Nos repères au club :

  • Débutant ou joueur loisir, multifilament : 22 à 24 kilos.
  • Joueur régulier, multifilament ou hybride : 23 à 25 kilos.
  • Frappeur en monofilament : 21 à 23 kilos, car ce cordage est déjà rigide.
  • Raquette d’enfant, synthétique : 20 à 22 kilos.

Quand recorder ?

Un cordage ne s’use pas seulement quand il casse. Il perd son élasticité au fil des heures de jeu, et donc sa capacité à renvoyer la balle et à protéger le bras. La règle traditionnelle est de recorder autant de fois par an que l’on joue de fois par semaine : deux séances par semaine, deux cordages par an au minimum. Les joueurs en monofilament doivent recorder plus souvent, car ce cordage « meurt » avant de casser.

Les signes qui ne trompent pas :

  • les cordes bougent et ne reviennent plus en place ;
  • la balle part plus haut ou plus loin qu’avant sans raison ;
  • les vibrations sont plus fortes à l’impact ;
  • le cordage a changé de couleur ou s’effiloche.

Le cordage au club

Le club dispose d’une machine à corder électronique. Déposez votre raquette au club-house avec une fiche indiquant le cordage et la tension souhaités ; elle est prête en quarante-huit heures, et vous êtes prévenu par notification. Les cordages les plus courants sont en stock, à prix adhérent. Si vous ne savez pas quoi choisir, un enseignant vous conseille à partir de votre jeu et de votre raquette.

« On dépense deux cents euros dans une raquette et on garde un cordage de deux ans. C’est comme acheter une belle voiture et rouler avec des pneus lisses. »

Les petits accessoires qui comptent

L’antivibrateur, ce petit élément de caoutchouc placé entre les cordes, atténue le bruit de l’impact et une partie des vibrations ; il ne remplace pas une tension adaptée. Le surgrip, lui, doit être changé dès qu’il devient lisse : une prise qui glisse fait serrer davantage, et la tension remonte dans tout le bras.

En résumé : un multifilament à tension modérée pour presque tout le monde, un recordage au moins deux fois par an, et un avis d’enseignant au moindre inconfort. Votre bras vous dira merci, et votre jeu aussi.