Accompagner son enfant au bord du court
Le premier tournoi de son enfant est souvent plus éprouvant pour les parents que pour l’enfant lui-même. On a envie d’aider, de conseiller, de consoler, et l’on ne sait pas toujours où se placer. Après des centaines de matchs de jeunes au bord des courts, voici ce que nous avons appris, avec l’aide des parents de l’école de tennis.
Pendant la séance : un pas en arrière
Pendant l’entraînement, l’enfant a besoin d’une seule voix : celle de l’enseignant. Les conseils venus de la grille, même bienveillants, brouillent le message et mettent l’enfant dans une position impossible. Si vous restez regarder, faites-le de loin, sans intervenir. Et si vous avez une question, l’enseignant prend volontiers cinq minutes à la fin de la séance.
Avant un match : préparer sans mettre la pression
La veille et le matin du match :
- Préparez le sac ensemble : deux raquettes, une gourde, une collation, une casquette, une tenue de rechange.
- Parlez du plaisir de jouer, pas du résultat attendu.
- Arrivez trente minutes en avance pour que l’enfant découvre les lieux et s’échauffe sans stress.
- Évitez les comparaisons avec le classement de l’adversaire.
Pendant le match : le silence qui encourage
En tennis, le joueur est seul sur le court. C’est difficile, et c’est aussi ce qui le fait grandir. Les règles interdisent le coaching depuis la tribune dans la plupart des épreuves de jeunes, et c’est une bonne règle. Applaudissez les beaux points, des deux côtés. Restez neutre sur les balles litigieuses : en l’absence d’arbitre, c’est le joueur qui annonce les balles de son côté, et le doute profite à l’adversaire.
Votre visage compte autant que vos paroles. Un soupir, des bras levés au ciel, un regard sur le téléphone au mauvais moment : l’enfant voit tout. Si vous sentez que la tension monte, allez faire un tour. Ce n’est pas un abandon, c’est un cadeau.
« Après mon premier tournoi, mon fils m’a dit : tu étais plus stressée que moi. Il avait raison. » — une maman de l’école de tennis
Après le match : la bonne question
Qu’il ait gagné ou perdu, commencez par lui demander s’il s’est amusé, puis ce qu’il a aimé dans son match. Laissez-le parler. L’analyse technique viendra plus tard, avec l’enseignant, quand l’émotion sera retombée. Une défaite 6-0 6-1 peut cacher de vrais progrès, et une victoire facile peut ne rien apprendre.
Le rythme et la fatigue
Entre l’école, les devoirs, les autres activités et le tennis, les semaines des enfants sont chargées. Deux séances par semaine et un ou deux tournois par mois suffisent largement jusqu’à 12 ans. Au-delà, c’est l’envie de l’enfant qui doit guider, pas le calendrier des tournois. Un enfant fatigué progresse moins et se blesse plus.
Quand l’enfant veut arrêter
Il arrive qu’un enfant n’ait plus envie de venir. Avant de décider, essayez de comprendre : un groupe où il ne se sent pas bien, une période de compétition trop intense, un camarade qui est parti. Parlez-en avec l’enseignant ; un changement de créneau ou une pause dans les tournois suffit souvent. Et si l’envie n’est vraiment plus là, ce n’est pas un échec : les années de tennis ne sont jamais perdues.
Les parents, une force pour le club
Les parents sont aussi les premiers bénévoles du club : covoiturages pour les rencontres jeunes, goûters des stages, buvette des tournois. Chaque coup de main, même ponctuel, compte. La page Bénévolat liste les missions du moment ; une heure suffit pour participer.
La charte des parents, en résumé :
- J’encourage les efforts, pas seulement les victoires.
- Je laisse l’enseignant enseigner.
- Je n’arbitre pas depuis la grille.
- Je respecte l’adversaire et ses parents.
- Je préviens le club en cas d’absence.
Merci à toutes les familles qui font vivre l’école de tennis. Vos enfants ont de la chance de vous avoir au bord du court ; restez-y, un pas en arrière.